Elle sort des feuilles, une clope, me regarde d’un air malicieux, genre « je sais pas si tu fumes, mais moi, ouais, et personne m’en empêchera », une petite boite en métal marquée « fresh service » et se prépare un joint de beuze.
J’observe le cérémonial.
Prendre la beuh de la boîte, l’effriter sur un support (en l’occurrence le CD d’Assassin).
Prendre une cigarette, la dépiauter et mélanger le tabac avec la beuze.
Prendre un carton quelque part (Voix-off de télé achat : « Ici nous avons opté pour le classique ticket de métro, merci la RATP ») et en faire un filtre.
Prendre une feuille. Longue du paquet, déchirée du rouleau, ou encore collée avec une autre dans le cas des petites feuilles.
Verser le mix sur la feuille, prendre le tout entre le pouce et l’index. Bien prendre son départ.
Rouler.
Rouler et tasser.
Insérer le filtre.
Rouler, équilibré.
Lécher, coller, tasser.
Faire un semblant de ménage, s’installer confortablement et allumer le joint. Comme le dit le dicton « Qui roule chamboule, qui fournit suit ».
Tu fumes ? Me demande-t-elle tout en préparant le mélange.
Pas mal oui. Enfin, surtout quand je bosse.
Moi j’peux pas bosser après ! J’suis trop morte…
Erf… ça m’aide à me concentrer. Je bloque sur ce que je suis en train de faire, et je vois la chose d’un autre œil.
Ça doit aider c’est sûr, entrecoupe t-elle sa phrase de lèchements de feuille pour coller le joint.

Elle repose tout son matos sur la table basse, se penche pour prendre son briquet (tiens, il est vert, je m’attendais à ce qu’il soit noir aussi) et se renfonce dans le fauteuil.

Je retrouve mes instincts d’ancien fumeur « éclairé » : je chope sa boîte et l’ouvre, la portant à mon nez afin de sentir l’arôme de son herbe. Alexandra me regarde faire en souriant..
« Elle est bonne hein ? »
Je confirme d’un hochement de tête avant de refermer la boîte et de me retourner vers elle. Je la regarde dans les yeux. Putain ses yeux. La salope, vu le regard, elle est ok. Bien. Bon à savoir.
Je me penche vers elle, mes bras encadrant ses épaules de manière nonchalamment sûre. Mon visage touche presque le sien, inclinaison à 45° Nord/Nord-Est et mes lèvres touchent les siennes.
Instant de vérité.
Qu’elle tourne la tête et je me suis trompé…
Qu’elle entrouvre les lèvres et rock’n’roll…
Mais j’ai confiance. Je le sais. Je le sens. Je vais me la faire. La baiser et la tuer.
La main tenant le joint appuie sur ma nuque, elle ouvre la bouche et m’embrasse, de manière tendrement violente.
Le la est donné.
Au bout de quelques secondes, nos visages se déscotchent et je la regarde en plissant les paupières tandis qu’elle sourit et tire une latte.

Le jeu va commencer.
Douleur pour Alexandra. Plaisir pour Simon.
Douleur pour Plaisir.
Alexandra pour Simon.
Esclave pour Maître.
Sacrifice pour Purifice.
L’ordre est important. C’est peut être la seule chose d’ailleurs qui le soit. La méthode est la clé du succès… Qui va piano va sano, qui va sano va longtano …

Flash : discussion sur le chat
simon_underground> bon jte laisse v mater doberman
a.artist> le dob ? téribl ce film !!!!! çà fé un momen ke jlé pa vu
simon_underground> lol
simon_underground> j’peux zapper de dvd et en choisir un autre en attendant k’on l’matte ens
a.artist> pk pa ?
simon_underground> hrmpf… vachement motiv mdr
a.artist> ça dépend de toi… kan tu peux ?
simon_underground> le week end prochain ? g un ketru a finir et après c good
a.artist> k ! va pr samedi prochain alors
Fin du flash. Back to house.
Je me dirige vers la PS2 et chope le coffret DVD de Doberman.

Je suis maniaque.
Un maniaque frisant la connerie. Je veux que les choses que j’aime soit en l’état. Sauf exceptions qui confirment la règle du coup. Doberman par exemple, je l’ai acheté en coffret. Et j’y tiens. Je prends le DVD. J’insère le DVD dans le lecteur. Je mate le film. Je sors le DVD du lecteur. Je refous le DVD dans le boîtier.
J’observe le coffret. Noir. La tête du iench et c’est tout. Graphiquement, c’est superbe.
Qu’on vienne pas me prendre le crâne avec le vieux discours de « la violence à l’écran entraîne la violence dans la vie réelle ». Entraîner ? Non. Peut-être la rendre plus créatrice. Quelle est la différence entre le mec qui a écrit le scénario de Copycat (film retraçant l’enquête d’une Sigourney Weaver et d’une Holly Hunter sur les traces d’un serial killer reprenant les crimes d’autres maniaques) et moi ? Je le fais dans la vie réelle, mais personne ne le sait ? Lui l’écrit et gagne du pognon grâce à ça ? De toute façon je m’en fous. Je les emmerde. Je vous emmerde. La violence est innée en chacun, la partie visible n’étant que la partie émergeante de notre part d’ombre. Comme un iceberg : il y a ce dont nous sommes conscients (10%) et ce dont nous sommes inconscients (90%). En moyenne. Plus ou moins. Se connaître, c’est s’intéresser aux 90% immergés et savoir les utiliser.
Je sors le boîtier contenant les deux DVD du coffret et prends le film. Insertion dans le lecteur. Ça commence cash.

Je m’installe dans le canap’ et me penche pour éteindre la lumière. Côté gauche. J’ai jamais pu supporter la droite.
Le générique a même pas commencé qu’Alexandra se lève, s’approche de moi et me passe le joint.
Je plisse les yeux et tire une latte. Alexandra se penche vers moi, se met à califourchon sur mes jambes et m’embrasse, presque tendrement dans le cou. Puis me fait un suçon, comme pour me faire comprendre qu’elle n’est pas là pour regarder la télé, à moins que je passe un film X. Je pose le joint dans le cendar à côté de moi et l’enlace par la taille. Elle se rapproche encore plus de moi, collant son pubis sur mon entre jambe.
Je commence à l’embrasser aussi, d’abord dans le cou, puis à la naissance de ses seins. Je passe au-dessus du tissu pour lui lécher les tétons, avant de descendre à son nombril, relevant légèrement son bustier. Son ventre est plat et doux. J’aime. Elle commence à onduler légèrement, je la tiens du bras gauche pendant que je lui enlève son débardeur du bras droit. Elle m’aide sur la fin, et continue dans sa lancée en m’enlevant mon tee-shirt.
La violence est tendre, elle est présente, mais en background.
Nous sommes tous les deux torses nus, et Alexandra se colle contre moi. Ses seins sont écrasés contre moi, je sens sa chatte contre ma queue à travers nos pantalons.
Elle me regarde. Putain, ses yeux gris me font encore plus bander. Et elle le sent.
Elle esquisse un sourire et commence à jouer avec moi. Elle m’embrasse, tendrement, avec douceur, dans le cou, sur mes tétons, descendant de manière inexorable. Elle se contorsionne pour jouer avec mon nombril, pendant que je lui caresse le dos et les fesses, de plus en plus violemment. Ce qui la fait se bouger de plus en plus…
Jusqu’à ce qu’elle prenne le contrôle des opérations.
Elle me prend les mains et me les bloque, au niveau des poignets, en croix. D’un murmure, elle m’intime de « plus bouger, laisse moi faire »…
Je la laisse.
C’est une joueuse. Ça à son charme et son utilité.
Je bouge un peu dans le canapé, poussant du pied la table basse et la dévisage.
Dans la pénombre, elle a un regard, et plus généralement un corps, à faire bander un moine. Ce que je ne suis pas, mais quand même.

Elle m’écarte les jambes, se met à genoux entre, les bras posés sur mes cuisses et commence à m’embrasser le ventre. Je contracte instinctivement mes abdos, elle les caresses, et descend. Tout en m’embrassant, elle défait la ceinture de la main droite et ouvre ma braguette. Cette salope a le coup de main avec les boutons. Je me demande si elle est comme ça tout le temps… Sa chatte est trop loin, et elle a l’air de vouloir jouer la meneuse. Pour faire genre de participer, je lui caresse les cheveux. Brave chienne.
Elle descend, lèche ma queue qui se raidit encore plus qu’elle ne l’était. Ça l’amuse de voir ma teub battre la mesure : elle se prend pour une chef d’orchestre jouant la mesure à petits coups de langue. Et y prend plaisir, alternant sa fonction de musicienne jouant de la flutte avec celui de teenager se régalant d’une Chupa-chups.
Au bout d’un petit moment (dix minutes, un quart d’heure ?), elle change de registre, et se transforme en Linda Lovelace. Son exercice de Gorge Profonde m’amène à lui tenir le haut de la nuque de manière plus ferme, la guidant plus ou moins.
J’entends les bruits de succion…
Je ferme les yeux, et la caresse tendrement. Elle en profite pour passer sa langue sur mes boules, tout en me masturbant avec vigueur.
Je la regarde : ma décision va pas tarder. Soit je la plante tout de suite, soit je lui accorde un sursis. Ça serait dommage de ne pas profiter un peu de ses talents de suceuse.
Alexandra a du sentir qu’elle était l’objet de mon attention.
Et tout en me regardant, elle prend ma queue dans sa bouche. Et se met à sucer comme si elle voulait me rendre fou… Elle y arriverait presque. Je me penche et lui touche le sein gauche, son téton est dur comme la pierre. Cette salope est excitée. Le savoir m’excite encore plus et je lui prends la tête à deux mains, lui appuyant dessus pendant que je pousse ma queue au fond de sa gorge. Elle en profite pour essayer de me gober en entier, y arrive presque, çà me rend dingue.
Elle le sent.
S’arrête.
Relève la tête et m’observe.
J’en profite pour déboutonner son fûte en cuir et introduire un doigt dans son string. Je sens son clito sous mon doigt, ma main se regroupe et commence à la caresser. Alexandra change de position, écartant un peu plus les jambes tandis qu’elle reprend son travail manuel. Elle ferme les yeux, et commence à gémir. Je glisse un doigt dans sa chatte, elle mouille comme une tarée, à deux, elle commence à se tortiller et à gémir de plus en plus, son mouvement de la main droite devenant de plus en plus violent, sporadique et irrégulier… La position est inconfortable pour les deux, je lui bloque sa main tandis que j’alterne le branlage de son clito et le doigtage de sa chatte. Elle me fait comprendre que ça lui va, et gémit de plus en plus. Je lui glisse trois doigts dans la chatte et pousse au plus profond, elle essaye d’en absorber le plus possible, et commence à respirer de manière irrégulière, je sens son vagin se contracter autour de mes doigts…
Je l’enlace de mon bras gauche, continuant avec ma main droite de l’exciter, et je l’embrasse. Violemment. Pas de tendresse, de gentillesse ou quoi que ce soit. Elle est excitée à mort, c’est du cul pour du cul : je l’attrape, lui bloque le visage et lui roule un patin profond et long. Catégorie « pelle de chantier » quand j’étais en 5ème. Je m’arrête pendant qu’elle sort un long gémissement, bas et grave, modulé au gré des contractions de sa chatte.
Elle s’était un peu tourné, plus ou moins à angle droit avec moi, le temps que je la caressais, et elle pose sa nuque sur ma cuisse gauche. Se retourne, levant les yeux vers moi. Je lui souris, hésitant toujours entre la raccompagner à la porte et l’embrasser ou si je la jeter dans le vide ordure.
Elle ferme les yeux, prend ma queue dans sa main droite et commence à me masturber de nouveau, ma queue devenant très vite gorgée du désir de sentir sa bouche.
Elle se retourne, remet ses cheveux en place et plonge sur ma queue, l’avalant du premier coup en entier, j’ai l’impression de sentir sa gorge taper mon gland. Elle se met à me sucer, bavant afin de bien faire glisser et donnant des petits coups de langue afin de bien m’exciter.
Je sens que je vais venir si elle continue, je change un peu de position, mon torse étant maintenant droit, et je sens mes abdos commencer à se contracter.
Je prends la tête d’Alexandra, caresse sa nuque, je sens que j’ai plus d’intérêt à la garder comme « plan q » que de la tuer… Je lui appuie sur le haut du crâne, et maintiens mes mains : elle comprend et m’avale au plus profond de sa gorge. Le manège dure moins d’une minute quand je lui bloque la tête et que je lui éjacule dans la bouche, la libérant au bout de la 2ème ou 3ème giclée. Si j’avais un doute, il est zappé : elle continue de me sucer, léchant mon gland pour avaler tout le sperme coulant sur ma queue.
En fait, elle aime ça. Elle me l’avait dit, mais je croyais à une vantardise de sa part, alors que non pas du tout.
Je me rétracte instinctivement.
A l’écran, Vincent Cassel est en train d’essayer de convaincre Monica Bellucci de se rendre dans la boîte à la tête de mort pour l’anniversaire du trav.

Alexandra se relève, prend son verre et boit un coup, me regardant avec un petit sourire.
- Je crois que je vais pouvoir repasser pour mater le film, là j’en ai loupé un gros bout !
- Ouais. Tout dépend si tu as envie de revenir…
- Avec plaisir, mais une fois où on aura toute la nuit devant nous mon chéri…
- Aye, chéri, déjà ?
- Ce n’est qu’un mot mon chou. Rien d’autre. Mais si je devais avoir un mec, il te ressemblerait je pense.
- Et pourquoi t’en as pas alors ?
- Je préfère prendre mon pied pour le moment. Je verrai bien quand je tombe sur le bon…
Elle me plaît bien finalement la petite. Elle aime le cul, prend et donne ce qui lui plaît…

J’en suis à ce point de mes réflexions lorsque le téléphone sonne. Pas le mien, vu la sonnerie. Alex se penche et fouille quelques instants dans son sac. La conversation est rapide (« Oui ?… Dans 1heure, je peux, pas avant… … Ok … C’est où ? … D’accord, dis-lui que c’est bon. … Bye ») et elle rejette son phone dans son sac.
- Désolée, je dois y aller. C’était pas prévu, mais bon…
- J’croyais que tu bossais pas ce soir ?
- Hum. Ce n’était pas mon patron. Mais un client…
- Un client ? Tu deales ?
- Oui. Mais pas ce que tu crois. J’deal mon corps mon chéri. Ça te dérange ?
- Euh…
- De toute façon, ça n’avait pas l’air de te déranger tout à l’heure, non ?
- Ben euh… Disons que j’étais pas au courant que tu… enfin que tu te.
- Que je me prostitue ? Non, je suis pas une pute. Plutôt une call girl. J’ai une demi-douzaine de quadragénaires qui se sentent plus parce qu’ils me voient nue et que je les branle. Ils se prennent pour des boss, et se la jouent grand prince. Je profite des retombées financières, ça aide quand tu n’as pas la bourse.
- Okay, je vois. Et je rentre dans quelle catégorie moi ?
- Dans celle où je suis prête à payer pour rejouer. Profites-en, tu es un des rares à avoir ce privilège la.
- Un des rares ? Ah ben d’accord !
- Disons que les autres sont partis quand ils ont su que je couchais ailleurs.
- J’appliquerai la même méthode que toi alors angel. Tu files maintenant ?
- Oui. Je te laisse un message pour te voir la semaine prochaine…
- Ça marche.

La conversation se finit, le climat intimiste a volé en coups d’éclat à cause des ondes de la conversation téléphonique. Je me lève, finis mon verre, m’approche d’Alexandra et l’enlace, l’embrassant tendrement. Ça lui plaît, du moins je pense et j’espère que tel est le cas, mais elle s’échappe, se retourne et prend sa pochette à dessin. Elle se dirige vers la porte, et stoppe à côté d’elle. Me regarde, les yeux dans les yeux, et me sort un « j’ai envie de te revoir Simon, vraiment », d’une voix de petite fille, en accentuant le « vraiment ». Je craque, ouvre la porte, elle sort et se retourne pour m’embrasser. Je lui réponds qu’on s’arrange pour une soirée la semaine suivante et l’observe partir d’un pas pressé. Elle a un putain de cul, le genre à donner envie de la prendre en levrette directement, sans passer par les cases « préliminaires » et « missionnaire ».
Je referme la porte, m’écroule de nouveau dans mon canapé et regarde sans le voir la fin du Dob. Ma main tombe sur le cendar, je me rappelle le joint : je le prends et le rallume, inspirant une grande latte et me faisant la réflexion que la mort attendra un peu avant de rencontrer la miss…