D’après ce qu’elle m’a dit, elle est étudiante en arts. Modèle. De nu si possible. Parce qu’elle aime ça. Vu les photos qu’elle m’a envoyé, oui, elle peut. Une grande mince aux yeux verts, avec des cheveux auburn…
Des photos artistiques, d’autres moins. Une attirance pour le piercing, la cire et les jeux SM, disons… soft…
Rendez-vous a été pris pour aujourd’hui. Chez moi. Je ne crains rien, elle est vraiment telle que sur les photos. J’ai recoupé les informations qu’elle m’avait donnée, (facile le duo cours/MacJob) afin de vérifier…
Je serai moins rapide avec elle…
Alexandra.
Dominatrice à dominer. Elle kiffe le cul, elle va en avoir. Si ce qu’elle dit est vraie, ça va donner. Le genre à qui une partie à trois ne fait pas peur, à condition que ce soit deux mecs…
C’est ce qu’elle va avoir… Une queue et une main, çà peut faire un mélange détonnant…
Frappage à la porte. J’ouvre, c’est effectivement la demoiselle. Habillée d’un pantalon en cuir moulant et d’un petit débardeur noire. Des détails me sautent aux yeux : le maquillage, léger mais saisissant, la pochette à dessin tenue avec décontraction. Elle est là, pleine de vie et d’envie.
Je la fais rentrer, referme la porte, la verrouille machinalement en appuyant sur le haut tandis qu’elle se ballade dans le salon…
La dévisage…
Son visage est symétrique, les cheveux lui arrivant sur les épaules, séparés par une raie au milieu. De grands yeux, verts tirant sur le gris. Une bouche, petite et fine… Je me demande comment elle se débrouille avec, tiens. La peau est légèrement dorée, elle est mince, de petits seins, ça a son charme. Ils sont mis en valeur dans son bustier…
Je reviens dans la conversation. Elle me parle de ses cours de la journée, et de son boulot. Je comprends pas tout, mais hoche la tête de temps en temps, histoire qu’elle se sente écoutée.
L’interromps d’un grand sourire.
- Tu veux boire quoi ?
- Qu’est-ce que t’as ?
- Vodka… Pastis. Whisky. Malibu. Bailey’s. Coca. Jus d’orange, jus de pomme… Sinon, café, thé…
- Tu prends quoi ?
- Une vodka orange. Avec un zeste de cannelle et un peu de malibu. Et de ton sang…
- Pareil alors !
Je passe dans la cuisine, prends deux verres, les mets sur le comptoir, ouvre le frigo et sors la bouteille de vodka et de jus d’orange, tout en continuant de parler avec Alexandra. La discussion porte sur la musique, elle est en train de regarder mes CDs.
M’annonce que je la surprends au niveau musical. Elle s’attendait bien a ce que j’écoute de tout, mais pas que ma discothèque soit aussi éclectique, la BO de Fight club cotoyant un live de Rammstein et un Massive Attack. Cocktail fini. Léger pour moi, costaud noyé pour elle. Je reviens dans le salon.
Elle me demande la permission de mettre le cd des Tambours du Bronx. Je le lui accorde et allume discrètement la console d’enregistrement. Miracle de la technologie. Bijoux high-tech pour mateur exhib. A partir de maintenant, je n’aurais plus qu’à appuyer sur le bouton pause pour déclencher l’enregistrement vidéo du caméscope numérique et l’audio du mini disc… Je m’assois sur un tabouret de bar pour personne de petite taille, nain étant bien dans le dico, mais pas politiquement correct.
Elle revient vers moi et s’installe dans le canapé. Bizarrement rassurant : elle n’a pas peur.
- Ca va t’es pas timide ! C’est toujours ça de gagné !
- Ben d’habitude je le suis, mais là çà va, j’ai confiance… en plus te voir en vrai ça confirme mon impression : t’es un mec bien.
- Hrmpf… grognais-je en faisant un sourire
- Hey ! T’es mignon quand tu boudes…
- J’boudes pas… Mais tu m’as toujours pas dit ce que tu voulais faire !
- Tu me l’as demandé ?
- Euuuh…
Et je commence à éclater de rire, puis elle s’y met aussi.
Je m’approche d’elle et lui tends son verre. Elle s’approche doucement, subitement câline. Je l’embrasse sur le front, me relève et bouge changer de musique.
- Hey, mais pourquoi tu zappes les tambours ?
- Bah, pour discuter, c’est pas l’idéal… Alors je change. Vais te faire écouter un truc, tu me diras si t’aimes… C’est de la musique techno avec des voix africaines. C’est subtil et franchement bien.
Explications inutilement nécessaires, briseuses de silence, réflexion sur la manière de l’amener à disparaître temporairement de son plein gré, pendant que j’insère le cd de Frédéric Galianno & The Africans Divas dans mon lecteur.
Le son commence à s’élever, rafraîchissant et ensoleillé.
- Bon alors, à part boire jeune fille, ça te tente de bouger ?
- Ca dépend où et pour faire quoi. Ça me dérange pas de rester ici me rétorque-t’elle avec un sourire en coin.
Et ‘bâm’, manges-toi ça dans la face.
T’as toujours cru que les nanas voulaient se faire prier ? Suce, ça dépend. Ça dépend de comment elle te trouve, et de ce qu’elle a envie. Prendre exemple sur les fourmis : une reine mère. Ça me fout les jetons, bref moment de flip et de bad trip. Back to flat. Alexandra me regarde toujours, mon absence a du être minime.
- Pourquoi pas ?
Et après tout pourquoi pas ? Cette meuf est tarée quelque part : elle accepte de venir directement chez un mec qu’elle ne connaît même pas. Méfiance. Elle a peut-être fait la même chose avec toi, elle t’a suivi, pisté, espionné. Quelqu’un sait ce qu’elle fait. D’un autre côté, ça cadre parfaitement avec l’image (virtuelle) que j’ai d’elle. Une nana du genre à tirer dans le tas et à se poser des questions ensuite.
La discussion s’engage, première étape vers un rapprochement intense. Je vais jouer avec ta peau. La cire. La chaleur. Les piercings. Que peut on faire avec une bougie allumée et un corps ? Comment utiliser de manière correcte les couteaux made in Ikea ? Quelle sera ta réaction quand je verserai de la cire chaude sur ton clito et qu’un foulard t’empêchera de crier ? Que diras-tu lorsque ton orgasme causera ta mort ?

